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 L'épilepsie

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Delphine
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MessageSujet: L'épilepsie   Mer 10 Juil 2013, 09:06

L'épilepsie


Les origines des manifestations

Les manifestations épileptiformes, parmi lesquelles les crises convulsives généralisées sont les plus connues du grand public, sont des signes cliniques fréquents lors de troubles nerveux chez les chiens et les chats. Lorsque ces crises sont récurrentes, l'animal est alors considéré comme étant atteint d’épilepsie. Les causes de ces crises sont variées, mais elles peuvent aussi survenir sans qu'il y ait de cause sous-jacente.
>> Epilepsie secondaire
>> Causes intracrâniennes
>> Malformations
>> Tumeurs intracrâniennes
>> Cause extracrâniennes
>> Hypoglycémie
>> Hypocalmie
>> Hypoxie cérébrale
>> Intoxications


Epilepsie primaire ou essentielle

L’épilepsie primaire, aussi appelée épilepsie essentielle, se caractérise par des manifestations épileptiformes récidivantes, chez des patients sans lésions cérébrales décelables, ni anomalies métaboliques. Ce type d'épilepsie est donc associé à un désordre fonctionnel primaire de l’encéphale (voir la fiche "Qu'est ce que l'épilepsie ?"). Lors d'épilepsie primaire, les crises sont souvent généralisées et de type convulsif et, en l'absence d'affection sous-jacente, l’animal ne présente aucune anomalie clinique ou nerveuse entre les crises (voir la fiche "Expressions cliniques de l'épilepsie primaire "). Le diagnostic de l'épilepsie primaire repose sur une démarche par exclusion de toutes les affections qui pourraient être la cause de l'épilepsie. En théorie, elle ne devrait être qualifiée de primaire que si la recherche des causes possibles a été exhaustive et que tous les examens diagnostiques complémentaires ont été pratiqués (voir la fiche " Quels examens peut entreprendre le vétérinaire pour déterminer l’origine de l'épilepsie chez un chien ou un chat ?"). Si aucune cause n'a été mise en évidence, mais que cette démarche diagnostique n'a pu être menée à son terme, l'épilepsie est qualifiée d'idiopathique, c'est à dire qu'elle n'a pas d'origine connue, mais qu'on ne peut exclure l'existence d'une affection sous-jacente. La distinction entre l'épilepsie primaire et l'épilepsie idiopathique est donc ténue, et il est d'ailleurs possible qu'avec les progrès diagnostiques à venir, on puisse un jour mettre en évidence des causes sous-jacentes actuellement indécelables, pour des cas d'épilepsie qualifiées de primaire.


Epilepsie secondaire

Lors d'épilepsie secondaire, les crises récidivantes sont la conséquence d'une affection ou d'un trouble sous-jacent, permettant la survenue d'événements électriques anormaux dans une partie ou l'ensemble du cerveau. Lors d'épilepsie secondaire, l'affection sous-jacente est presque toujours à l'origine d'autres signes cliniques ou d'anomalies mises en évidence lors de l'examen neurologique pratiqués en dehors des crises. Les causes de manifestations épileptiformes sont nombreuses, mais elles ne sont responsables d'une épilepsie (crises se répétant sur un intervalle de temps long), que s'il s'agit de troubles chroniques (évolutifs ou non), ou qui sont à l'origine de séquelles nerveuses. Les causes d'épilepsie secondaire sont classiquement classées en intracrâniennes ou extracrâniennes.


Causes intracrâniennes


Les causes intracrâniennes sont également dites structurales, car des lésions observables (macroscropiquement ou microscopiquement) affectent d'emblée des structures cérébrales.

Malformations :
l'hydrocéphalie congénitale est une accumulation anormale de liquide céphalorachidien (LCR) dans les cavités des ventricules cérébraux ou entre les méninges (enveloppes de l'encéphale), souvent associée à une anomalie du développement du cerveau (hypoplasie). Elle peut également être secondaire à une altération de la circulation du LCR, suite à une obstruction (tumeur, inflammation). La lissencéphalie (diminution ou absence des circonvolutions du cerveau) est une autre malformation pouvant engendrer des manifestations épileptiformes répétées.


Tumeurs intracrâniennes

il peut s'agir de tumeurs du tissu cérébral ou non (du crâne, extension de tumeurs des cavités nasales,...). Les tumeurs malignes peuvent être primaires (elles se développent à partir des tissus locaux) ou métastatiques (elles sont secondaires à une tumeur primitive située à distance). Certaines tumeurs se développant dans un hémisphère constituent elles même un foyer épileptogène ; pour d'autres, y compris des tumeurs bénignes, c'est le volume de la tumeur qui est à l'origine des effets néfastes sur le tissu cérébral : compression ou déplacement du parenchyme cérébral adjacent, œdème cérébral ... Le développement tumoral s'accompagne généralement d'une évolution des signes cliniques épileptiformes ou d'autres signes nerveux.
Inflammation cérébrale (encéphalites ou méningo-encéphalites) : elles ont souvent une origine virale (par exemple maladie de Carré chez le chien, PIF – péritonite infectieuse féline, FeLV – leucose féline chez le chat), mais aussi parasitaire (néosporose chez le chien, toxoplasmose chez le chat), et beaucoup plus rarement mycosique (aspergillose) ou bactérienne (extension locale d’otites, de sinusites, ... ou migration sanguine de germes d'origine cardiaque, urinaire,...). Certaines méningo-encéphalites sont dites idiopathiques, car leur origine n'est pas déterminée ; pour certaines, une cause immunitaire est suspectée. Un corps étranger (le plus souvent un épillet) peut parfois migrer jusque dans la boîte crânienne depuis l'oreille les cavité buccale, pharyngée ou nasales, ou l'œil et provoquer la formation d'un abcès.
Lésions traumatiques ou lésions vasculaires non traumatiques : les traumatismes crâniens ne sont pas rares chez le chien et le chat (chutes d'un étage, accident de la voie publique) et peuvent provoquer des lésions du parenchyme cérébral (commotions, contusions, ...) et/ou vasculaires (hémorragies, hématomes). Des lésions vasculaires non traumatiques peuvent également se produirent, mais seraient beaucoup plus rares chez les carnivores domestiques que chez l'homme. Ces lésions peuvent être de type hémorragique (lésion d'un anévrisme,...), ou obstructif (embolie,...). Sans traitement, les lésions des tissus nerveux deviennent rapidement irréversibles. Lorsqu'elles ont une localisation cérébrale, ces lésions peuvent être notamment à l'origine d'un foyer épileptogène, immédiatement ou de manière retardée.
Maladies de surcharge lysosomales : ces maladies héréditaires sont dues à une déficience en une ou plusieurs enzymes et se caractérisent par l'accumulation anormale d'une ou plusieurs molécules dans des cellules de différents organes, dont les neurones, pour certaines de ces maladies. Cela provoque à terme leur dégénérescence et peut être notamment être à l'origine de manifestations épileptiformes récidivantes. L'évolution est souvent progressive et lente.


Cause extracrâniennes


Les causes extracrâniennes d'épilepsie secondaire correspondent à des dérèglements métaboliques ou plus rarement à des intoxications. Initialement, il n'y a donc pas de lésions cérébrales, mais des lésions secondaires sont possibles. Le cerveau a besoin d’un milieu interne adapté et stable pour fonctionner normalement et est sensible aux modifications, en particulier, si elles sont marquées, d'apparition rapide ou durables. Les conséquences néfastes pour le cerveau des troubles métaboliques ou toxiques sont habituellement symétriques et généralisées et les crises épileptiformes sont souvent de type convulsif généralisé, mais avec des expressions cliniques qui varient selon la cause. Lorsque l'affection extracrânienne est chronique, les manifestations peuvent être répétées sur des périodes longues. Il est toutefois à noter que certains auteurs considèrent que ces crises convulsives secondaires à des troubles métaboliques ne doivent pas être inclues dans les épilepsies. Parmi les causes extracrâniennes les plus courantes d'épilepsie secondaire peuvent être cités :

Hypoglycémie
:
le glucose est l'unique source d'énergie des neurones et leurs capacités de stockage sont faibles. Le cerveau est donc particulièrement sensible à une diminution des apports de glucose par le sang lors d'hypoglycémie (diminution de la concentration de glucose dans le sang), ce qui peut provoquer des désordres électriques cérébraux. Les manifestations cliniques d'une hypoglycémie sont variées chez le chien : tremblements, syncopes, cécité, fatigue et faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre, crises convulsives, état épileptique, voire coma). Différentes affections peuvent provoquer des hypoglycémies : immaturité hépatique (chiots de races naines), épuisement des réserves de glycogène lors d'effort prolongé (chien de chasse), insulinome (tumeur pancréatique sécrétant de l'insuline),... Ces hypoglycémies peuvent être récurrentes lors de maladie chronique telle que l'insulinome.
[b]
Insuffisance et encéphalose hépatique
[/b] : une des fonctions du foie est l'épuration de déchets tels que l'ammoniaque (produit issu de la dégradation des protéines et acides aminés). Lors de dysfonctionnement hépatique grave, ces déchets toxiques ne sont plus transformés et leur concentration dans le sang augmente. L'augmentation notamment de l'ammoniaque (hyperammoniémie) peut provoquer des troubles nerveux variés, parmi lesquels des manifestations épileptiformes, pouvant être récurrentes. Les signes cliniques sont parfois favorisés ou accentués par l’ingestion de repas riches en protéines, qui augmentent la formation d'ammoniaque. La cause d'encéphalose hépatique chronique la plus fréquente est le shunt portosystémique : il s'agit d'une anomalie de la vascularisation du foie, une partie de celui-ci n'étant pas suffisamment irriguée et étant non fonctionnelle. Il peut avoir une origine congénitale (malformation lors du développement fœtal), ou une origine acquise, souvent secondaire à d'autres affections hépatiques. L'insuffisance hépatique et l'encéphalose peuvent également survenir lors d'affections provoquant une dégénérescence ou une destruction d'une part importante du tissu hépatique (hépatites, cirrhose, processus tumoral).

Hypocalmie :
l'hypocalcémie (diminution de la concentration du calcium dans le sang) peut provoquer une modification du seuil d'excitation des neurones et des décharges électriques anormales. Elle est surtout rencontrée chez la chienne gestante ou en lactation, le calcium sanguin étant utilisé pour la croissance osseuse de ses fœtus ou excrétées dans le lait. Les manifestations épileptiformes sont rarement récidivantes si une prise en charge adaptée est réalisée.
L'hypocalcémie peut également être due à une hypoparathyroïdie, c'est à dire une insuffisance de sécrétion par les glandes parathyroïdes de la parathormone. Cette maladie chronique évolue sur plusieurs mois et les signes nerveux, parmi lesquels des crises convulsives, sont généralement précédés de troubles musculaires.

Insuffisance rénale chronique (IRC)
:
le dysfonctionnement rénal est à l'origine de divers désordres, tels que l'augmentation de la concentration d'urée dans le sang (crise d'urémie), mais aussi électrolytiques, acido-basiques.... Les manifestations épileptiformes répétées font parfois partie du tableau clinique des stades avancés de l'IRC.
Déficit en thiamine chez le chat : le déficit en thiamine (ou vitamine B1) a généralement une origine nutritionnelle. Il est surtout rencontré chez des chats nourris principalement de poisson cru ou souffrant d'anorexie prolongée. Ce déficit peut conduire à une encéphalopathie se manifestant notamment par des crises épileptiformes (tétanie, convulsion).
Hypoxie cérébrale :
cette diminution de l'apport d'oxygène au cerveau peut être provoquée par exemple par une insuffisance cardiaque, des affections respiratoires sévères, une anémie,... Elle est rapidement mal tolérée et peut notamment provoquer une baisse du seuil d'excitabilité des neurones.

Intoxications :
de nombreux produits toxiques sont à l'origine de manifestations épileptiformes, généralement de type convulsif généralisé : organophosphorés et carbamates (insecticides), strychnine (raticide), crimidine (corvicide), pyréthrinoïdes chez le chat, plomb. Toutefois, l'expression clinique est la plupart du temps de type aigu ou suraigu, avec des crises convulsives très fréquentes ou continues (état épileptique) et les crises répétées sur un intervalle de temps long sont rares. Des intoxications chroniques de l'animal sont toutefois possibles, par exemple avec le plomb (exposition chronique au plomb contenu dans des peintures, des jouets).
Cette liste est représentative des causes possibles d'épilepsie, mais non exhaustive : toute affection ou trouble entraînant un dysfonctionnement neuronal est en effet susceptible de provoquer des manifestations épileptiformes et donc d'être à l'origine d'une épilepsie.

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Delphine
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MessageSujet: Re: L'épilepsie   Mer 10 Juil 2013, 09:39

Voici un lien, très complet rédigé par le Dr. Françoise Sachdé, vétérinaire.

http://www.clinique-veterinaire-sachde.fr/info-epilepsie.html

Pour avoir soigné un chien épileptique, décédé aujourd'hui et maintenant un chat, si vous avez des questions ou besoin de réconfort, je suis à votre écoute. N'hésitez pas à raconter votre expérience.

Chaque cas est différent, mais la maladie reste la même, à soigner, à combattre ou sans espoir. Le taux de guérison est quasi inexistant, mais il n'est pas impossible de vivre avec la maladie grâce aux traitements.

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Lili Grafiti
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MessageSujet: Re: L'épilepsie   Mer 10 Juil 2013, 11:30

Merci pour ce sujet Delphine, ça me servira pour mon Cookie, même s'il n'a pas refait de crise. C'est toujours mieux d'être informé en amont parce que quand ça arrive c'est la panique.  

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Jason, Anaïs, Cooper, Cookie, Diabolo, Guizmo, Perle, Léo, Flèche et Alf...mes bébés, mes amours, ma vie   {Cooper disparu depuis le 7 mai 2014, Jason s'est envolé le 19 février 2015, Diabolo nous a quitté le 28 février 2015. Ils laissent un grand vide dans notre cœur et dans notre vie}
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MessageSujet: Re: L'épilepsie   Mer 10 Juil 2013, 15:45

Ça fait un moment que je voulais ouvrir un sujet sur l'épilepsie, je voulais qu'il soit le plus complet possible.

Je me rappellerai toujours de la première crise de Dowy, je précise pour les visiteurs que c'était un chien de race Bouviers Bernois, j'ai cru qu'il était en train de mourir et je n'avais personne à mes côtés et impossible de l'emmener chez le véto avec ses plus de 50 kilos...

Qu'est ce que j'ai pleuré ce jour là, j'étais très paniquée, mon pauvre doudou Sad 

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